Repère de temps

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Mardi 13 octobre 2009

Hey.

J'avais oublié mon porte-feuilles ce matin, donc j'ai raté le train. C'est saoulant d'oublier sa tête.
Quoi de neuf?
J'ai 19 ans. Impressionnant, j'ai du mal à me faire à l'idée que je grandis, que je prends de l'âge, je ne m'en rends même pas compte. Il faut dire que je n'y prête pas grande attention...

Il fait froid dehors, il faut réparer la voiture, et une remarque que m'a faite la grand-mère de mon cousin m'a plutôt marquée, dimanche.
"Et bien, on ne t'entend plus? Tu es bien silencieuse!"
J'ai répondu que je n'avais rien d'intéressant à raconter.
"Oh! Mais en tout cas, ne change jamais, j'aime tellement t'entendre parler, tu es si drôle et pleine de vie! Ne change jamais!"

Ca m'a un peu... fait bizarre.
Je crois que j'ai perdu mon insouciance.
Mais suis-je toujours drôle et pleine de vie?
Boarf. Je pense que oui. En même temps, depuis le jour où l'on m'a dit que quand je parlais, je faisais honte, je m'abstiens un peu.
Tant pis.

Bon, dans tous les cas, il va faire beau aujourd'hui, c'est déjà pas mal.



.....


Je n'ai décidément rien qui vaille la peine d'être raconté.
On n'a rien à raconter quand tout va bien dans sa vie, quand y'a pas matière à se plaindre.
L'être humain est vraiment étrange, n'est-ce pas?


...

Bon. Ok.

Bonne journée.

Par Shunrya
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Lundi 28 septembre 2009
Extrait des pensées qui m'ont empêchée de dormir cette nuit.


Je ne suis pas quelqu'un de dur, ni de méchant ; la méchanceté, elle me blesse, elle me hérisse, elle me tue. J'ai plaisir à croire que je pourrais aider autrui, mais autrui juge-t-il mon aide appréciable?
Je vis avec cette once de douleur qui me pique dès que je la touche du doigt ; désemparée face à une souffrance que je ne peux apaiser, je me contente d'observer, en refoulant mes larmes, cette âme qui se débât contre elle-même.
Désespérée devant une bulle de douleur dans laquelle je ne peux pas entrer, dans laquelle je n'ai pas ma place. Une bulle que j'aimerais crever, pour que toutes les larmes s'écoulent, et finissent par sécher.

Mes douleurs à moi sont cadenassées, j'apprends à vivre avec elles, des paroles qui tout les jours me font mal et qui, il n'y a pas si longtemps que ça, me faisaient pleurer, maintenant me font juste hausser les épaules. Mais la blessure est là, et elle saigne, en silence.
Il ne faut pas dire que l'on souffre, dire à quelqu'un "tu m'as fait mal", c'est être un enfant ; un adulte ne doit pas montrer qu'il a mal, qu'il a besoin d'affection, d'un calin. Alors je cesse d'en demander, car si j'en demande, le rejet n'est jamais loin, et le rejet me tue...
Il ne faut pas dire qu'on est jaloux, c'est empêcher de vivre ; il ne faut pas dire qu'on a mal, c'est être faible ; il ne faut pas dire que l'on aime, car quand le rejet est là, même dans les petites choses "anodines", c'est un morceau de coeur qui pourrit.
Et toutes ces blessures, dire qu'elles sont guéries par un simple sourire, un simple "je t'aime", une simple attention, un geste "anodin", mais qui suffit à dire ce qu'on ne veut pas mettre en mots.

Et les souvenirs qui remontent me font tergiverser sur tout ce qui a fait ce que je suis maintenant, et cette impression diffuse que la brisure de l'année dernière a fait s'effondrer tous les masques que j'ai pu porter ; maintenant, je ne sais plus, porter un masque. Je réapprends, parce que la réalité fait que si l'on se dévoile tel que l'on est, même devant les personnes qui devraient le plus comprendre, le mieux savoir, et bien on saigne. On saigne de toutes ces petits coupures superficielles qui ne guérissent presque pas, et qui laissent des cicatrices violacées sur une peau tuméfié de ces coups que nous nous infligeons à nous-même. Porter un masque est douloureux, mais bien moins que de ne pas en avoir.
Ou est-ce plutôt l'inverse? Dans ce monde où tout n'est qu'apparence, où l'on prône le "retour à l'origine", où il est bon d'être "soi-même", quelle place pour ceux qui ne savent plus qui ils sont?

Se prendre en main, aller de l'avant, quel intérêt, si tout les encouragements que l'on a ne sont que des repproches ou des remontrances, des insultes, des répliques qui font baisser cette "self-esteem" après laquelle on court sans arrêt.
Suis-je si peu digne d'estime ou d'intérêt?
Que faire, comment réagir, sentir qu'on en a le droit, quand les moindres mots émis sont réduits au silence...
Une voix forte, voilà ce qu'il faut, un caractère, c'est pas mal non plus.

Et les mots résonnent dans mon crâne, rebondissent sur des parois de verre ou de cristal, et les sons se réverbèrent, s'amplifient, et je n'entends plus rien, je ne vois plus rien, si ce n'est cette douleur, cette petite flamme ensanglantée que j'entretiens malgré moi, et ces mots qui m'emprisonnent, qui me scellent à l'intérieur de moi-même, ces mots prononcés âr des voix que je ne connais que trop bien, et pire encore, par ma propre voix..
Mais j'ai la clé du cadenas.

Pourquoi faire montre d'autorité, quand bien même cela s'avère inutile, dépassé? Affirmer un territoire qui n'existe plus.

LAISSEZ MOI GRANDIR.

Laissez-moi être moi-même, pleurer quand les larmes viennent, je n'ai pas sufisamment pleurer dans ma vie pour qu'on se permette de m'en empêcher à présent... laissez-moi faire le deuil de ces morceaux de moi qui pourrissent et dont je dois me débarrasser. La cassure de l'année dernière saigne encore, laissez-moi la suturer, en paix. Je voudrais qu'on me laisse grandir, qu'on me laisse être ce que je suis, j'aimerais qu'on cesse de me juger, si rire et chanter, sourire et plaisanter n'est que l'apannage des enfants, alors je refuse d'être adulte.
Laissez-moi être ce que je suis, laissez-moi grandir, je ne suis pas une coquille vide d'intelligence, cessez de me descendre plus bas que terre, je vaux autant que vous, et je vous le montrerai, mais avant cela, laissez mes ailes pousser en paix, au lieu de les rogner avec vos dents affamées, affamées de larmes et de désespoir.
Est-ce si jouissif, si merveilleux que d'écraser un poussin sorti de l'oeuf? Ne vous souvenez-vous donc pas que vous avez vous aussi été faible et que l'on vous a vous aussi écrasé?
Rafraichissez vos mémoires, vous qui vous êtes construits seuls ; n'avez vous pas rêvé d'une main tendue, d'un soutien?
Alors pourquoi ne devenez-vous pas ce soutien, dont moi j'ai besoin? Plutôt que de me regarder de haut en m'écrasant de vos talons, vous qui êtes si forts...
Mais si vous ne voulez pas, tant pis, je me débrouillerais seule, puisque c'est ainsi que les forts deviennent fort. On ne grandit qu'avec la souffrance.

Ma tête va exploser, je veux dormir, juste dormir, j'aimerais que ces pensées se taisent, qu'elles disparaissent.
J'aimerais que ces mots qui m'enchaînent tombent, et me laissent sortir de mon cachot.

"Perdues dans les couloirs sombres tapissés de pourpre, mes pensées déambulent dans l'immensité de mon Manoir.
Mon ciel pleure des larmes de pluie, à travers les nuages couleur ivoire,
J'aperçois l'ombre d'une personne, qui mieux que moi-même, je connais ;
Le reproche d'être stupide, dénuée de compréhension,
Et ce sentiment rejoindra ma bulle d'émotions.
Les chaînes se brisent, et dans mon ventre naît un besoin d'aide que je ne peux pas formuler.
Les doutes ténébreux et le silence de catacombes sont comme un cancer ; peut-on le soigner?
Et la nuit s'étend sur tout ce que j'ai pu être, sur tout ce que j'étais ;
Hypnos, mon ami, vient donc m'envelopper de ton manteau aux lourdes effluves de mort ;
Ton frère ne m'intéresse pas.
Je m'envolerai, au delà des nuages de désespoir, vers un rivage de galets gris ; je m'en sortirais.
Mais les mots, eux, resteront gravés à jamais."

............


Et voilà. Pensées bien noires, heureusement que ce n'est que passager et assez rare que je tombe comme ça dans mes vieux démons. J'avais besoin de les sortir, une manière d'exorciser tout ça. Bravo si vous avez tout lu, et rassurez-vous, je ne vous demande pas de comprendre, et ceux qui s'y aventureraient risqueraient de comprendre de travers. Mais bon, je me sens mieux maintenant, plus légère. Je vais pouvoir attaquer la journée en toute sérénité.

Et je tenais à finir sur ce poème espagnol (traduit en français, muhahahaha) extrait de la pièce de Pedro Calderon de la Barca, pièce de théâtre intitulé "La vie est un songe" (La vida es sueño), et les derniers mots sont mes préférés, absolument magnifiques, je m'en souviens de tête (et pourtant je l'ai lu dans mon bouquin de français quand j'étais en première...)  :

"Qu'est-ce que la vie? Un délire.
Qu'est donc la vie? Une illusion.
Une ombre, une fiction ;
Le plus grand est bien peu de chose,
Car toute la vie n'est qu'un songe,
Et les songes, rien que des songes."
Par Shunrya
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Vendredi 25 septembre 2009
Bonjour à tous.

La première chose que j'ai à vous dire, c'est : je n'ai plus de café. Je suis donc, par conséquent, malheureuse, ça me pourrit ma journée. Evidemment, j'ai fait 40€ de courses avant-hier, et qu'est-ce que j'oublie? Mon pot de Ricoré. C'est que comme café, on trouve mieux, mais il y a des jours où si je n'ai pas ça au réveil, et bien ce sera rien, parce que j'ai besoin de ça pour passer une bonne journée. Comme Sebastien passe la journée avec sa mère, je voulais profiter de son absence pour boire quelques litres... euh, tasses bien pleines, mais bon. Là, je n'ai pas envie de grand-chose d'autre, donc ou bien je me bouge jusqu'à monoprix pour en acheter, ou bien je reste-là sans mon pot de café. De toutes manières, il faudra bien aller à Carrefour aujourd'hui ou demain, donc à cette occasion, j'en rachèterai.
D'ailleurs, vous verre aux diverses fautes d'orthographe, de frappe ou d'inattention que je suis mal réveillée. (et de mauvais poil : si jamais j'en vois, je les corrigerai pas, na.)

Bref. Que vous raconter de beau? Ah oui, ma semaine de cours.
Alors, les profs très sympa pour la plupart, des cours très intéressants (notamment celui de littérature *O*), déception en ce qui concerne l'autre option, cours d'oral absolument génial, et... plein d'exercices à faire, donc je vais m'y atteler (et vu que j'ai pas bu mon café... bref.)

Enfin voilà. En ce qui concerne le trajet, il est reposant, ça fait du bien, de rentrer dans sa petite ville clame après l'effervescence et la pollution de Paris @@. Les tickets de métro, ça coûte cher. Comment ai-je pu vivre deux ans là-bas...? Rien que d'y retourner toute la semaine j'en avais mal au crâne tous les soirs.

Anyway, aujourd'hui il fait beau, je vais sauter dans un jean et foncer à Monoprix je crois, sinon je risque d'être d'assez mauvaise humeur pendant le reste de la journée, et ça serait vraiment stupide. Le hic, c'est que je n'ai plus de sous (ze suis pauvre TT) et bon, bref. Je sais paaaaaas je vais voir.
Ou alors j'attends demain.
Hm.

Bon, sinon, niveau moral, je suis pas mal remontée à bloc niveau motivation (motivécheun comme on dit hein*BAF*) et ça c'est important.
J'aimerais juste avoir plus d'argent :D. Comme tout le monde.

A vous les studios.
Par Shunrya
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Dimanche 20 septembre 2009
Hello tout le monde.

Demain c'est la rentrée, ça y est, retour aux cahiers, aux kanji, à Paris, aux prises de notes... à la vie active, en fait.
Il était temps.
Le but de cette deuxième L2 est d'avoir minimum 14 à peu près partout (sachant qu'il y a des nouvelles options cette année, dont littérature classique...!) et donc il me reste une journée pour revoir les 300 derniers kanji de ma première année.
Largement faisable, ne vous en faites pas,je les ai tellement bien appris qu'ils reviennent très vite. Enfin comme toujours, les kanji, on arrive à les lire, mais c'est pour les écrire que ça devient plus difficile.

L'intitulé de cet article, "Piece of Dream" ("Un morceau de Rêve") vient du fait que cette année, c'est un petit bout de rêve qui se réalise. Un rêve qu'on a tous plus ou moins au fond de nous, même quand on ne l'envisage pas. Quand la situation se présente, ça nous vient à l'esprit, et c'est un morceau de rêve.
Mais si, vous savez bien!
Vivre avec la personne qu'on aime en faisant ses études. Quand on n'a pas encore le stress de la vie active, du boulot tous les jours, quand on a encore ce voile de liberté sur la tête, où l'on peut se dire "aujourd'hui, on sèche, exceptionnellement...!" sans se ronger les sangs pour les conséquences.
Savoir que quand on rentre le soir, on n'est pas tout seul, qu'on aura un soutien, une présence. Qu'on ne se retrouvera pas seul en tête à tête avec ses cours.
En ce qui me concerne, comme on est dans la même fac, qu'on fait les mêmes études, c'est un plus véritable.

C'est fleur bleue, peut-être même un peu trop rose et sucré pour certains, mais pour moi, c'est un morceau de rêve qui se réalise, et j'en ai le coeur qui bat la chamade.
C'est mon bout de rêve qui devient réalité.

Donc bref. Malgré les difficultés de la vie (merci les administrations et les fonctionnaires) et de la vie à deux (engueulades stupides qui partent d'une broutille), et bien c'est un beau ciel bleu qui s'étend sur mon horizon, et même que les nuages gris, ben parfois ça fait joli.

Je vous ferai un compte rendu de mes cours de la semaine. Sauf que jeudi, je ne pourrais pas y aller...
Rendez-vous le plus pénible qui existe pour une femme.
D'ailleurs, je me demande si je vais y aller. Plus ça va, et plus j'ai envie de changer...
Je ne sais pas.
Rien que d'y penser j'ai envie de vomir.
Etre fouillée de l'intérieur, blessée au fond de son intimité, refouler des relents de nausée en regardant le plafond, se laisser toucher par des mains médicales, certes, mais inconnues.
J'aurais peut-être dû faire part de ces sentiments vénéneux aux personnes les plus concernées...
C'est tellement dur de laisser sa pudeur au vestiaire, pour "se faire examiner", afin de trouver la contraception la plus adaptée...
J'ai peur du gynécologue.
Je me sens tellement mal rien que d'y penser.
Mais bon, c'est le lot des femmes, n'est-ce pas?

Enfin bon. Je ne sais pas. Je doute, en plus, d'avoir suffisamment de sous pour payer la consultation.
Hm... un coup de fil s'impose...

Bref, après ces quelques déboires peu ragoûtants, je vous laisse.

Et vive les Bun's.
Par Shunrya
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Lundi 14 septembre 2009
Bonjour à tous.

Pour le titre, et bien sachez que la véritable expression anglaise est "Curiosity killed the cat" (littéralement : "la curiosité a tué le chat", mais pour les nuls en anglais, ça veut dire "la curiosité est un vilain défaut" :p.)

Donc là, en l'occurence, c'est "jealousy killed the cat", je ne suis pas un chat, mais ma jalousie me tue quand même.
(Ceci (ma jalousie) sera donc le sujet principal de cet article. Etonnant, n'est-ce pas?)

Et oui, je suis jalouse.
Jalouse comme une teigne, jalouse comme mon chat, comme un tigre, comme ce qu'on veut, mais je suis jalouse.
Ouais.

Quand je pense que c'est l'une des choses que je condamnais avant.
Avant, j'étais pas jalouse.
Ou alors, je le savais pas, ou alors, c'était foutrement bien caché.
Ou alors, j'étais pas vraiment accro amoureusement parlant.

Enfin bref, toujours est-il que je me suis découvert une jalousie monstrueuse.
Mais quand je dis monstrueuse, c'est vraiment... monstrueux, quoi.
Je suis monstrueusement jalouse, et ça me pourrit la vie.

Je ne me reconnais pas, j'ai l'impression d'être comme ces emmerdeuses de tourner en rond que je ne supporte pas, donc, forcément, je finis par ne plus me supporter. Et vivre quand on se supporte pas, et bien c'est insupportable.
Mais non, je ne vais pas me suicider, quand même, oh.
Non, je fais juste des efforts. D'immenses efforts. Des efforts colossaux, même. Pharaoniques.
Je regarde mon reflet, et j'y vois moi, et cette "moi", ben elle n'a jamais été une emmerdeuse de tourner en rond, alors POURQUOI ELLE COMMENCE A FAIRE CHIER, HEIN?
Si on va au fond des choses, qu'est-ce qui provoque la jalousie?

La peur. La peur de ne pas être "à la hauteur" de ce que pourrait attendre l'autre, la peur que l'autre ne s'intéresse pas tant que ça à vous, la peur de ne plus plaire ou du moins plus autant.
Et que trahit cette peur?

Un manque flagrant de confiance en soi, et de confiance en l'autre.
Ouais, parce que la bonne vieille phrase du "mais c'est pas à toi que je fais pas confiance, c'est aux autres", ça marche quand on est petit et que c'est papa qui le dit, mais après, c'est carrément de la mauvaise foi.

Donc, énorme claque dans ma face : je suis jalouse, parce que je n'ai pas confiance.
Pas confiance.
Pas d'assurance.
Putain que j'aimerais ne pas être compliquée.
Je me souviens encore des looongs mails que j'envoyais à Nadine pour lui dire "mais prends confiance en toi NONDIDIOU", parce que je constate qu'elle peut (qu'elle DOIT!) avoir confiance en ses capacités de dessinatrice.
Mais je suis bien avisée de dire ça, moi qui suis incapable d'avoir confiance en moi. Qui ai tellement l'impression de ne pas exister que parfois, ça me fait peur. L'impression de n'avoir tellement pas de consistance, d'impact, d'importance, que parler m'est impossible.
C'est inutile, de parler, quand on n'est personne. Quand on se sent "personne".
C'est terrible, comme sentiment. C'est horrible, de se sentir "rien".
J'ai énormément travaillé là-dessus, sur ce manque de confiance en moi, et j'ai eu l'impression que ça allait mieux.
Peut-être est-ce le cas, et que je fais juste une "rechute"?
Est-ce que mon manque d'assurance s'est transformé en narcissisme? En "besoin que les autres me rassurent pour être quelqu'un"?
Parce que dans les "faits", j'existe, je parle, j'ai une opinion, un point de vue, qui a de la valeur, qui est "pris en compte" par des gens, des gens qui ont confiance en moi, en qui j'ai confiance, qui ont de l'intérêt pour moi et pour qui j'éprouve de l'intérêt.
Mais il y a des gens qui, malgré l'intérêt qu'ils peuvent avoir pour moi, la onfiance qu'ils peuvent avoir en moi et réciproquement, je me sens rien. Paralysée.
J'ai souvent du mal à me dire "ils ont BESOIN de connaître mon point de vue, c'est important pour eux".

Pourquoi? Pourquoi je n'arrive pas à parler? Suis-je si peu ouverte au dialogue? Pourquoi ça se passe mal, quand j'essaie de parler? Pourquoi ça se passe mal, quand je dis que "quelque chose ne va pas"?
Suis-je fermée à ce point, si égocentrique que je me trouve incapable d'écouter et de faire la part des choses?
Pourquoi ce qui me fait souffrir, ce qui me paraît important, ne l'est pas pour les autres?
Pourquoi quand je parle de ce qui ne va pas, de ce qui me fais mal, on me reproche d'être égoïste?
Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à exprimer mes points de vue? Mes opinions?
Pourquoi?

Ceci était la parenthèse "j'ai aps confiance en moi et j'emmerde le peuple avec ça".

Je disais donc : la jalousie.
Oui, je suis jalousie, parce que je n'ai pas confiance en moi. J'ai peur. J'avais pas peur comme ça, avant.
Il faut croire que les erreurs du passé laissent leur marque...

Bref.
Cette jalousie me broie la gorge. Elle me donne envie de vomir. Elle me file la nausée.
Le problème, c'est que je n'ai aps suffisament d'objectivité ou de recul pour déterminer si c'est légitime ou pas.
Alors, pour éviter de ressembler à ces emmerdeuses de tourner en rond, je justifie en permanence par "c'est pas légitime, tu t'enflammes pour un rien, tu fais chier".
Donc, en fait, je me rends compte en écrivant que cette attitude revient à me marteler le crâne de "tu as tort, tu as tort, tu as tort, quoi qu'il arrive, tu auras tort", et que c'est pas bien.
Que ça me donne encore plus envie de me transformer en grain de sable et d'être jetée dehors par un vieux balai décrépi.
Mais si je me dis pas que j'ai tort, quelqu'un d'autre me le dira, pas vrai? Et comme ce quelqu'un d'autre aura toujours plus d'arguments que moi, j'aurais donc tort, j'aurais emmerdé le monde pour rien, donc voilà, puisque ce que je dis c'est de lamerde et que ça vaut pas un clou, ben tu la fermes cocotte et tu fais pas chier.

Donc je fais des efforts, et cette jalousie je vais lui péter la gueule. Il serait peut-être temps maintenant que je comprenne que je suis aps de la merde et que je le montre.
Mais putain que c'est dur.
J'ai réussi avec mes parents. Il faut que je réussisse avec le reste du monde.
Je suis grande, je n'ai pas à être sous l'autorité de qui que ce soit, je fais ce qu'il me plaît, je n'ai de comptes à rendre à personne.
Et cette jalousie que je ne me connaissais pas, elle va gentiment repartir d'où elle est venue.

...


...  ...


Et justement.
D'où vient-elle?
Je crois que je depuis ce jour où j'ai décidé de regarder en face l'ampleur des dégâts que j'avais causés, mon miroir s'est fissuré. Une balafre qui m'a scindée en deux, et qui n'est pas réparée.
Le maquillage est un artifice très utile. Il permet de cacher les rides, les cernes, les hématomes, les blessures.
Très pratique.
Quand on sait comment maquiller.
Sinon, on porte carrément un masque, et puis voilà, le tour est joué!
Mais c'est fuir, ça, c'est pas vouloir regarder en face ses propres manques, c'est se cacher la vérité sur soi-même...
J'ai voulu affronter la réalité, mais cette réalité, que j'ai sous les yeux, me fait encore peur. Et je n'arrive pas, non, je n'arrive pas à la dompter...
J'ai besoin d'aide, mais personne ne peut m'aider. Y'a que moi qui puisse m'aider, en fait... et cette perspective me terrorise.
Et ça me rassure en même temps.
Ich bin ein Paradox.
Wouhou!

Bon.
Quelle digression, ça faisait un bout de temps que j'avais pas vidé mes pensées comme ça, la vache ça fait du bien. L'article aurait été plus construit si je n'avais eu aucune distraction à côté pour me déconcentrer, mais bon, tant pis, c'est très bien comme ça. J'ai pu dire des trucs que je voulais pas dire au début mais bon, bref. XD

Je voulais faire un article sur ma jalousie, un sur mon manque de confiance en moi, un autre sur mon manque de logique, un autre sur l'onctuosité du nutella exposé au soleil, mais bon, tant pis, tant pis.
J'ai fait du 2 en 1.

Bref, félicitation à ceux qui ont lu jusqu'ici, vous aurez droit à une jolie lettre de congratulations!

Je plaisante.

Ou pas, qui sait? Héhé.
Par Shunrya
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Me, Myself and I

  • shunrya
  • : Shunrya
  • : 05/10/1990
  • : Bienvenue dans mon monde. Ici, vous lirez ma vie, juste ma vie, et ma foi, pas grand-chose d'autre. Des coups de gueule, des explosions de joie... Welcome.
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